À L’ÉCOUTE DU CORPS

La main du thérapeute, en passant par la réalité corporelle, fait lien.

Le corps est un endroit dans lequel toutes les émotions vécues par la personne trouvent leur source et leur expression, tel une « mémoire » porteuse de la pleine histoire du sujet. L’inconscient est aussi inscrit dans et par le corps. Ce corps, premier lieu de rencontre avec l’autre. Porteur de nos désirs, il nous ancre dans notre vie propre et assure de ce fait même notre présence au monde.

Pourtant, dans notre civilisation où la rationalité et le contrôle priment, le corps est essentiellement considéré comme un objet fonctionnel de maîtrise, nous permettant de poser nos actes, d’agir. Le toucher thérapeutique, permet de réhabiter notre corps, de réhabiliter la conscience de notre corps et des liens qu’il entretient avec notre univers émotionnel, sensible, affectif, spirituel…

Toucher apaisant, de réparation, d’ouverture, de liberté…, il se fait aussi écoute.

Par le toucher, nous pouvons nous intéresser au sens du symptôme alors que le psychisme est encore incapable de s’en emparer, de mettre des mots dessus, dans l’idée d’éviter qu’une maladie profonde s’installe. Le corps est parfois le réceptacle de ce dont la tête ne peut s’occuper, maintenant une coupure corps/esprit, une dualité, un clivage, et menant au mal-être voire à la maladie.

A partir des sensations, de l’émotion vécue, des images apparues, un sens peut petit à petit se dégager, l’émoi se transformant en mot, favorisant la reprise des associations et de l’intégration.

Le toucher est proposé et non imposé. Chacun avance selon ses possibilités, son rythme, dans une écoute singulière, qui se veut au plus près des besoins.

  • Se détendre
  • S’installer dans son intériorité
  • Calmer l’anxiété, l’angoisse, contenir la souffrance physique et psychique
  • Sortir de l’anesthésie ou de l’hypersensibilité corporelle et émotionnelle.
  • Sortir des oppositions classiques absence/présence, agressivité/fuite, amour/haine, …
  • Ressentir, se connecter à la vie en soi, en lien avec son environnement
  • Prendre sa juste place
  • Réparer les souffrances et les manques du passé, aller de l’avant

« Après une telle traversée, on a le sentiment de plus de consistance. Consister, con-sistere, se tenir avec, se tenir avec soi ou quelque chose d’essentiel de soi. C’est aussi le sentiment de se tenir – en confiance – au plus près de ce qui est autre, toujours autre en nous, encore méconnu ou à venir »   Alain Amselek, L’appel du Réel

« Le corps, c’est toute la personne incarnée » F. Dolto